Hitman - 2
On a du mal à croire que cela fait déjà presque vingt ans que le monde a découvert l’assassin chauve au code-barres, l’Agent 47, lors de ses grands débuts sobrement intitulés Hitman : Codename 47. Malgré un accueil mitigé à sa sortie, cet ajout au genre de l’infiltration a été bien reçu et a rejoint les rangs de Metal Gear Solid et Syphon Filter pour combler ce marché de niche des jeux d’infiltration de la fin des années 90 et du début des années 2000. Permettre aux joueurs d’aborder les missions de multiples façons est l’une des raisons pour lesquelles le jeu s’est démarqué. Depuis, la série a connu plusieurs suites ainsi qu’un reboot récent, un peu à la manière de sa cousine chez Eidos Interactive, Tomb Raider. Le reboot de 2016, Hitman, a été accueilli par des critiques positives. Parmi elles, on notait que le retour à une approche bac à sable plus ouverte pour chaque mission — avec des niveaux qui, sans être immenses, offraient un espace suffisamment grand pour donner l’impression de disposer de multiples options pour atteindre ses objectifs — encourageait la rejouabilité et l’envie de tester de nouvelles méthodes d’assassinat. Si tant est qu’il y ait eu des critiques, elles concernaient surtout la sortie du contenu au compte-gouttes plutôt qu’en une seule fois, même pour les joueurs ayant acheté une copie physique du jeu.
Près de deux ans plus tard, fin 2018, joueurs et fans ont pu remettre le costume et les gants avec la sortie de Hitman 2 sur PlayStation 4, Xbox One et PC. Contrairement au reboot de 2016, le jeu est sorti dans son intégralité. Cela dit, les deux jeux avaient beaucoup en commun ; en réalité, hormis quelques améliorations de confort, Hitman 2 pourrait presque se résumer à Hitman (2016)… en mieux. Ce qui, en soi, n’est pas forcément une mauvaise chose. Comme évoqué plus haut, le précédent opus avait été salué pour ses graphismes, sa rejouabilité et ses évolutions de gameplay. Hitman 2 peut être vu comme un prolongement des bases posées auparavant. D’ailleurs, les joueurs peuvent rejouer à toutes les missions du jeu précédent avec les nouveautés de celui-ci (après avoir acheté le DLC « Legacy Pack », bien sûr). Cela dit, les missions de l’histoire de Hitman 2 conservent ce juste équilibre dans la taille des niveaux (ni trop grands, ni trop petits) et cette multitude de façons d’éliminer ses cibles. Au fil des huit chapitres du jeu (ainsi que des DLC supplémentaires qui offrent de nouveaux lieux et missions), les joueurs ont l’occasion d’explorer des lieux densément peuplés où chaque PNJ a son propre petit rôle à jouer pour rendre les niveaux réellement vivants. On retrouve également, comme dans le jeu précédent, ce que l’on appelle les « Elusive Targets ». Il s’agit d’événements spéciaux organisés par le jeu au cours desquels vous devez éliminer une cible spéciale, généralement incarnée par une célébrité — la première pour ce jeu n’étant autre que le maître de la mort au cinéma en personne : Sean Bean.
Comme dans tout bon jeu d’infiltration, la patience est une vertu. Même si l’Agent 47 est bel et bien un clone génétiquement amélioré… il reste avant tout une armée à lui tout seul, infiltrant des dispositifs de sécurité souvent lourdement armés. Si une fusillade éclate, mieux vaut chercher un moyen de fuir et de se cacher jusqu’à ce que le calme revienne. Il ne faut pas beaucoup de balles pour venir à bout d’Agent 47. Vous n’aurez aucune chance de terminer votre mission en fonçant tête baissée par la porte d’entrée ; on est loin des soldats Genome et de leur fameux « c’était quoi, ce bruit ? » de l’époque du Metal Gear Solid sur PS1. Non, il vous faudra observer les environs dans les zones non restreintes et repérer les PNJ dont vous pouvez emprunter l’identité en les neutralisant, létalement ou non, puis en volant leurs vêtements (allez savoir pourquoi, tous les agents de sécurité, ouvriers, etc. ont le même gabarit qu’Agent 47). Cela dit, restez prudent, car pendant que vous circulez, des superviseurs (ainsi que pratiquement toutes les cibles principales) connaissent tout leur personnel et remarqueront vite qu’un visage ne correspond pas, à moins que vous ne vous fondiez rapidement dans la masse. Faites également attention aux armes que vous transportez ; sur certains parcours, des agents de sécurité vous fouilleront, et certaines armes comme les pistolets peuvent être détectées, tandis que des objets comme les pièces de monnaie et le fameux fil de fer garrotte passent généralement inaperçus lors des fouilles. Il faut noter que l’intelligence artificielle des ennemis peut parfois devenir un peu… limitée. S’agissant d’un jeu vidéo reposant sur une programmation (pas si simple), les ennemis peuvent se montrer légèrement prévisibles et faciles à berner, au point que les joueurs peuvent parfois abuser du système pour atteindre leurs cibles. Cela reste tout de même assez comique de voir un ennemi à quelques centimètres à peine de 47 sans qu’il ne remarque rien du tout ; peut-être est-il vraiment le meilleur assassin du monde !
Côté graphismes, si le bond visuel entre le jeu de 2016 et celui-ci n’est pas énorme (il faut dire que Hitman 2016 était déjà une prouesse graphique), Hitman 2 continue d’offrir aux joueurs de superbes décors avec des couleurs et un éclairage qui semblent sauter hors de l’écran. Quel que soit le support choisi, vous vivrez un voyage visuellement magnifique. Le jeu tient également bien la route lorsque l’écran se remplit de PNJ qui, comme mentionné plus haut, contribuent à rendre les niveaux vivants et vous obligent à rester attentif à votre environnement. L’interface est épurée et facile à suivre ; vous serez rarement, voire jamais, perdu quant à la signification des icônes. Une mini-carte est présente en bas à gauche de l’écran et vous aide à repérer les ennemis lorsque la caméra ne le peut pas (pas d’inquiétude, la caméra se comporte plutôt bien dans l’ensemble). Le jeu utilise peu de musique dans les niveaux, sauf quand la situation l’exige, par exemple dans les boîtes de nuit où résonne une techno entêtante. Il mise plutôt sur l’ambiance sonore et les bruitages pour vous garder concentré. Il peut être judicieux de jouer avec un bon casque surround afin de mieux repérer d’où viennent les ennemis, ce qui vous permet de planifier un itinéraire de fuite ou de préparer une neutralisation. Bien sûr, certains passages de l’histoire font intervenir des morceaux instrumentaux pour renforcer la tension ou l’ambiance à l’écran.
Bien que Hitman 2 soit avant tout une expérience solo, il propose tout de même quelques modes additionnels pour qui veut s’y plonger. Il y a d’abord le mode « Sniper Assassin », où vous devez éliminer des cibles en ne comptant généralement que sur votre sang-froid et un fusil de précision. Impossible de bouger de votre poste de tir : chaque coup doit compter, et il faut composer avec le décor pour dissimuler vos éliminations, que ce soit en ouvrant une porte pour tirer à travers, ou en visant par-dessus une rambarde pour faire tomber la cible dans l’eau. Voir s’enchaîner les tirs parfaits et grimper son meilleur score procure une vraie montée d’adrénaline. Le mode « Sniper Assassin » propose également un mode multijoueur coopératif qui permet de s’associer à un ami ou à un joueur aléatoire en incarnant deux personnages exclusifs à ce mode, Knight et Stone, pour accomplir des missions ensemble. Il existe aussi un mode 1 contre 1 baptisé « Ghost Mode », dans lequel les joueurs doivent éliminer leur cible le plus rapidement possible. Bien que le lieu soit le même pour les deux joueurs, ceux-ci n’interagissent pas réellement entre eux : impossible donc de gêner la performance de l’adversaire. Il s’agit plutôt d’une course pour voir qui parvient à terminer sa mission le plus vite et avec le plus de discrétion. Si « Ghost Mode » reste un divertissement sympathique, il va un peu à l’encontre de la philosophie de Hitman, qui consiste à rester calme et méthodique pour accomplir sa mission proprement, sans éveiller les soupçons, alors que ce mode pousse plutôt le joueur à se dépêcher et à filer au plus vite.
Hitman 2 - Édition Collector
Comme il semble désormais de tradition dans le jeu vidéo, Hitman 2 propose plusieurs éditions comprenant des objets numériques et physiques sur lesquels les joueurs peuvent claquer leur argent. Il y a bien sûr l’édition standard, qui inclut le jeu principal et le mode multijoueur. Viennent ensuite les éditions Silver et Gold, qui offrent l’une ou les deux extensions DLC ainsi que quelques bonus à utiliser en jeu. Pour ceux qui voulaient sortir le grand jeu et craquer pour l’élégante Édition Collector, ils recevaient non seulement l’Édition Gold du jeu, mais celle-ci était en plus présentée dans une réplique de la mallette à arme de l’Agent 47. On y trouve aussi une pièce de collection, une carte de visite, un porte-clés en forme de balle, et un canard en caoutchouc portant le costume emblématique (parce que pourquoi pas ?).
À certains égards, Hitman 2 aurait facilement pu n’être qu’une simple mise à jour DLC du Hitman de 2016. Pourtant, les évolutions apportées au gameplay et au reste suffisent à lui conférer pleinement son statut de suite. Il est difficile de savoir quelle direction prendra la série, tant les coulisses ont été marquées par les rebondissements liés aux changements de mains successifs de la licence au fil des ans. Ce serait dommage de voir un jeu qui commençait tout juste à revenir sur le devant de la scène sombrer aussi brusquement dans l’oubli. Si vous en avez l’occasion, essayez Hitman 2 : une démo gratuite est disponible sur Steam et vous permet de tester la première mission avant de continuer et d’acheter le reste du jeu. Nul doute que si vous êtes fan du genre, ou simplement d’esprit ouvert, vous risquez fort d’apprécier ce jeu bien plus que vous ne l’imaginiez au départ.
25.07.2026
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